Education des filles et mariage, parlons-en !

Crédit : ErikaWittlieb, via Pixabay

Dans l’éducation malgache, outre la scolarisation, on apprend aux filles dès leur plus jeune âge à devenir de bonnes épouses et de bonnes mères. Il faut savoir pas mal de choses avant de se lancer dans le mariage : bien faire la vaisselle, bien cuisiner, bien repasser, bien ranger la maison, bien s’occuper des enfants…

Une jeune fille doit anticiper ce qui l’attend une fois dans le mariage, car son mari ne lui fera pas de cadeau. A la maison, on lui radote souvent : « tu vas te faire humilier si tu ne fais pas bien les choses dès maintenant. » Mais je me suis posée la question : est-ce qu’on apprend aussi aux garçons à être de bons époux ? Est-ce qu’on les prépare assez à leur rôle dans le mariage ? C’est peut-être pour cela que bien des hommes deviennent des brutes une fois dans l’union conjugale, comme ceux qui brutalisent leur femme. L’éducation, c’est la base.

La structure socio-culturelle à Madagascar est un moule qui façonne les filles de manière à ce qu’elles en ressortent armées jusqu’aux dents et prêtes à affronter le « tokantrano » (foyer). Depuis toute petite, j’ai moi-même souvent reçu ces « gentils conseils » (parfois maquillés en réprimandes) de la part de proches.

Je suis consciente qu’il s’agit là de valeurs inculqués par les parents et les aïeuls, pour notre bien. Mais je me rends compte avec le recul que j’ai toujours gardé en moi cette petite flamme rebelle, qui refuse de réduire la femme à l’état de « ravaky ny tokantrano ». (littéralement décoration du foyer, celle qui rend le foyer attrayant).

Les familles malgaches ont un discours bien rodé pour encourager les petites et jeunes filles à devenir des femmes « dignes » et « respectueuses ». Comme s’il y avait un code de comportement universel qu’il fallait respecter une fois le statut de « mariée » acquis : il faut bien s’occuper de son mari, il faut se faire belle pour son mari, il faut toujours bien entretenir la maison pour l’accueillir à son retour du travail, il ne faut jamais refuser quand son mari veut du sexe…

.Je ne suis pas de celles qui revendiquent l’égalité de genre et je ne suis ni misandre, ni féministe. Cependant, je suis persuadée que la femme ne se réduit pas à une simple machine qui veille au bon déroulement du ménage, au bien-être du mari et des enfants…

Récemment, je suis tombée sur un post partagé sur Facebook qui dresse une liste de règles à suivre pour être une femme pieuse, versets bibliques à l’appui. J’étais écœurée. Je n’arrive tout simplement pas à concevoir comment, en 2017, on peut encore appliquer de telles sottises : « Ne jamais élever la voix pour une raison quelconque sur votre mari. C’est un signe d’irrespect », ou encore « Prenez du temps dans la salle de bain… Faites-vous belle car votre mari est toujours entouré par les femmes qui ont pris leur temps sur leur apparence. »

Qu’on le veuille ou non, Madagascar est encore un pays où de nombreuses femmes arborent (volontairement ou pas) le statut d’être soumise…

Ce que la société n’arrive pas à avaler, c’est qu’on puisse être à la fois une femme « pieuse » tout en ayant un bon job, une vision, une personnalité, des ambitions, un permis de conduire… C’est tout.

9 Commentaires

  1. 😀 j’ai de la chance…moi et mes soeurs avons de la chance donc! parce qu’on ne nous a jamais éduqué en vue d’un mariage ou pour faire de bonnes femmes dans un foyer plus tard! mes parents nous ont toujours éduqué pour être des femmes indépendantes et nous ont toujours dit que si jamais vous vous mariez et que vos maris vous battent, défendez vous et frappez les aussi en retour et revenez chez nous après ! mais j’ai bien conscience que c’est une éducation un peu spéciale pour la société malgache mais j’en suis contente… la preuve, normalement on m’aurait déjà traité de « lany zara » maintenant mais je m’en fiche un peu et je suis bien comme ça! mdr

  2. Compliqué le mariage.

    Mais je dirais quand même que tu le prends par le mauvais bout, en opposant, comparant, homme et femme.

    Si tu tombes sur le bon numéro il n’y aura même pas matière à discuter sur le sujet, tout sera fluide.

    Si tu tombes sur un con ah bah c’est mal barré.

    D’où la nécessité de concubiner un long moment (ouh la autre sujet tabou) pour savoir si c’est le bon.

    Ou pas 🙂

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