Mieux comprendre les blogueurs, c’est possible

comprendre les blogueurs

Quand on commence à tenir un blog, l’une des étapes les plus difficiles pour le blogueur est parfois d’ « avouer » à son entourage qu’il écrit. Pour certains, cela se fait tout naturellement. Pour d’autres cependant, c’est un peu plus compliqué. Ce qu’il faut savoir avant tout, c’est que ce n’est pas bon de bloguer tout seul…

Cela a été mon cas quand j’ai commencé à lancer mon premier blog il y a quelques années. Je ne voulais pas que ma famille et mes amis « IRL » ou sur facebook tombent sur celui-ci. Pour tout dire, j’écrivais un peu incognito et il n’était pas question d’en parler à la maison. Pourquoi ? Parce que bloguer c’est en quelques sortes dévoiler aux autres une partie intime de soi, se mettre à découvert (pour ne pas dire se mettre tout nu) et sortir de sa zone de confort.

Une prise de conscience plus tard, c’est avec beaucoup d’appréhension que j’ai enfin décidé d’en parler chez moi et de partager le lien de mon blog sur mon mur. Grand a été mon étonnement en constatant la réaction – je dirai positive – de mon « audience » : on me félicitait, on partageait mes articles, on m’encourageait à continuer ce que faisais…Mais la plupart d’entre eux étaient surtout agréablement surpris de découvrir cette petite « inconnue » cachée derrière la personne qu’ils croyaient bien connaître.

Où je veux en venir ? Et bien je pense que même s’il ne veut pas l’avouer, le soutien de sa famille et de ses amis est important pour le blogueur. Même les auteurs anonymes ou qui se cachent derrière des pseudos louches espèrent secrètement que leurs proches tomberont sur leur blog, juste pour savoir ce qu’ils en pensent.

Quand il débute, avant de pouvoir constituer sa propre communauté de fans ou de lecteurs, le blogueur doit se sentir soutenu dans ces premiers pas. Et qui de mieux que ces personnes là pour l’encourager et l’aider à avoir confiance en lui ? Comme tout humain normalement constitué, il a besoin de savoir quelque part qu’on reconnaît son travail et qu’on le soutient dans ce qu’il fait.

Par « soutien », comprenez que je ne fais pas allusion à une démagogie pour avoir des centaines voire des milliers de « like » et de commentaires sur les réseaux sociaux, non ! Je parle de ce soutien, le vrai, de la part de ceux qui vous sont chers et qui vous côtoient au quotidien. Un soutien qui consiste à vous critiquer ouvertement (mais sincèrement) quand vous le méritez, à vous féliciter « parce que vous le valez bien » (merci l’Oréal pour ce superbe slogan), à vous accepter tel que vous êtes le temps de trouver vos repères, à vous supporter parce que aimez le blogging (même si ça ne « rapporte » pas toujours et qu’on ne comprend pas grand-chose à ce que vous écrivez), mais surtout, à être présent dans vos moments de doutes.

Car oui, les moments de doutes et de remise en question, ce n’est pas ce qui manque aux blogueurs. Il nous arrive d’être déçus parce qu’on a tellement misé sur le « succès » de tel ou tel billet, alors qu’au final, rien de ce qu’on espérait ne s’est produit. Est-ce qu’on n’a pas été assez bon ? Est-ce qu’on n’est pas aussi bon qu’on le croyait ?

Et puis il arrive des fois où nous perdons confiance en nous. C’est le syndrome de l’imposteur qui nous pourrit la vie. Moi par exemple, quand j’ai commencé à écrire, il m’arrivait de passer deux semaines entières à peaufiner un petit article de 700 mots. Il fallait absolument que tout soit parfait avant la publication, c’était devenue une obsession. Puis au final, des petites voix parasites venaient prendre possession de mon cerveau : « Mais qui es-tu pour écrire sur ce sujet ? » ou encore « Tu n’as pas toutes les compétences nécessaires pour aborder ceci ».

Dans ces moments-là, écrire un simple petit billet peut devenir un véritable enfer pour le blogueur : il entame des investigations maladives, il veut tout connaître mieux que ses lecteurs, pour être plus légitime. Du coup, il angoisse à l’idée de ne pas être à la hauteur de son propre talent ou de ne pas être assez bon pour mériter d’être lu.

Certes quand le blogueur écrit sur un thème, il doit bien faire des recherches pour appuyer ce qu’il dit, mais cela peut vraiment devenir un grand handicap s’il ne gère pas bien cette envie de tout savoir mieux que tout le monde. Au lieu de laisser s’exprimer sa plume, il passe son temps à rassembler des bribes d’informations soit-disons « importantes » à mettre dans son billet, pour aboutir à un résultat dont il n’est pas vraiment satisfait. Il finit par oublier l’essentiel : le plaisir d’écrire. C’est là qu’il aura aussi besoin d’un coup de pouce, pour le remettre dans le droit chemin.

Bref, tout ça pour dire que si vous avez un blogueur dans votre famille, montrez-lui que vous accordez de l’importance à ce qu’il fait, même si vous ne comprenez pas toujours les « choses » qu’il débite dans son élan d’inspiration. Il n’attend que ça de ses proches. Et pour les blogueurs qui n’ont pas encore parlé de leurs blogs à leur entourage, allez faire l’expérience et revenez me jeter des pierres si vous recevez des réactions négatives. Et n’attendez pas d’être « plus doué » pour partager enfin ce que vous écrivez. Parole de blogueuse ! 🙂

10 Commentaires

  1. C’est fou ce que tous les blogeurs ont ces choses là en commun. Je viens de me lancer il y a à peine quelques semaines mais j’avoue que j’ai pris assez de temps à me demander si ce que j’ai à écrire pouvait interesser quelqu’un. J’avais grande crainte de me faire critiquer <> négativement. Mais quand j’ai enfin lancé mes premiers billets et que les gens ont commencé à me féliciter j’ai tout simplement dit…waouh, c’était super, et aujourd’hui je n’ai qu un voeu, continuer à bloguer.

    1. Ben oui c’est tellement ça Taidisse! ^^ mais c’est normal d’avoir peur je pense. L’important c’est de dépasser ce stade et voilà tu y prends goût. Je passerai bien volontier voir ton blog 🙂

  2. Le nombre de choses qu’on peut partager en tant que blogueurs, c’est incroyable. Moi également, j’ai mis du temps avant de sortir de l’ombre. On a tendance à avoir peur d’être rejeté. Et c’est ridicule. Les critiques ont été bonnes, j’ai eu le soutien de mes amis. Et mes lecteurs m’aident à m’améliorer constamment. C’est un plaisir de bloguer.

  3. Merci pour ce billet, le doute est toujours là, qu’on soit blogueur ou écrivain. Et c’est quelque chose qui peux nous aider à nous améliorer si on sait le gérer. Je me reconnais dans beaucoup de tes descriptions. Et tu as raison, l’entourage du blogueur est important pour lui.Merci d’attirer l’attention sur le fait que bloguer c’est surtout le plaisir d’ecrire. Continue. Bravo

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