Rencontre avec une athée, une juive, un catholique et un musulman à Madagascar

Arrivée de l'équipe à Madagascar et premier selfie en sol malgache. :)  © Avec l'aimable autorisation de Interfaith Tour

Dans le cadre du projet Interfaith Tour, Eloi (catholique), Sami (musulman), Bénédicte (athée) et Bettina (juive) parcourent 20 pays sur les cinq continents à la recherche d’initiatives inter-religieuses et d’acteurs du « vivre-ensemble ». Pendant environ deux semaines, ils sont à Madagascar. Rencontre avec 4 jeunes de convictions différentes, porteurs d’espoir pour l’humanité. 🙂

Samedi 16 septembre, 15h30 : J’ai rendez-vous avec Eloi devant l’Institut Français à Analakely. Nous rejoignons ensuite l’Hotel de l’Avenue à deux pas de là où attendent ses trois compagnons de voyage.

Une fois dans le hall de l’hôtel, je fais connaissance avec le reste de l’équipe, super sympas. C’est la première fois que je rencontre une athée en vrai, du coup c’est un peu l’émotion. J’apprends rapidement qu’il va s’ensuivre une interview filmée. Ça c’était pas prévu. Vingt minutes après, Sami installe la grosse artillerie : micro, trépied, caméra…

Leur petite organisation est déjà bien rodée : Eloi dirige l’interview en me posant des questions sur la religion, sur mon blog, sur la jeunesse malgache… Bettina fait un live tweet en parallèle, Bénédicte prend des notes dans son coin, et Sami filme l’interview. Seul petit couac : il manque une maquilleuse… :p

Comme je n’ai rien préparé, je suis un peu paumée. Mes réponses partent un peu dans tous les sens mais j’essaye tant bien que mal de répondre de la manière la plus « normale » possible, ce qui me demande un effort surhumain. Au fur et à mesure de l’interview, je constate à mon grand étonnement que ma bouche débite quelques mots suspects non-identifiés. Mais au final, c’était bien et j’ai appris pas mal de choses aussi.

De gauche à droite : Eloi, Bénédicte, moi (avec une sale gueule), Bettina, Sami © Avec l’aimable autorisation de Interfaith Tour

Aventure culturelle et périple religieux à Madagascar

Depuis le 1er juillet 2017, les quatre étudiants ont déjà traversé l’Estonie, l’Albanie, le Liban, l’île de Chypre, la Tanzanie avant de passer par Madagascar. Au total, ils traverseront 20 pays avant de retourner en France en février 2018.

Depuis leur arrivée sur la Grande Île, ils ont pu rencontrer et interviewer quelques personnalités issues de divers domaines touchant de près ou de loin à la religion, comme le professeur Serge Henri Rodin alias Korb, des artistes du CRAAM, des membres d’associations de scouts, des représentants de communautés juives, des représentants de ministères, des prêtres …

Rencontre avec des artistes du CRAAM. © Avec l’aimable autorisation de Interfaith Tour

A Madagascar, il faut dire qu’on est encore loin de l’antisémitisme et de l’extrémisme religieux comme ça peut parfois être le cas au Moyen Orient ou en Afrique du Nord. En général, les Malgaches sont assez tolérants sur le sujet. Bettina, Sami, Eloi et Bénédicte sont persuadés que la paix et la cohésion sociale dans le monde passent inévitablement par la coopération entre les différentes religions et cultures, aussi diverses soient-elles.

Tout au long de leur voyage, nos globe-trotters sont hébergés chez des habitants, ce qui leur permet de s’immerger entièrement dans la culture du pays étudié. Après Antananarivo, ils mettront le cap sur la ville d’Antsirabe, située à 170 km de la capitale malgache, avant de s’envoler vers leur prochaine destination : le Sri Lanka.

Mais Interfaith Tour, kézako précisément ?

Interfaith Tour est un projet né en 2013 d’un partenariat entre l’association Coexister et l’agence Sparknews. Actuellement à sa troisième édition, il « vise à envoyer de façon régulière une équipe de 4 ou 5 jeunes de différentes convictions religieuses ou spirituelles faire le tour du monde à la recherche d’initiatives interreligieuses et interconvictionnelles ».

Sur leur site officiel, ils présentent les trois ambitions de leur projet, à savoir :

1.  Promouvoir les initiatives interreligieuses dans les pays étudiés.
2.  Connecter entre elles ces initiatives afin de créer un véritable réseau d’échange de bonnes pratiques.
3.  Approfondir pour favoriser la recherche ou la production de contenus pédagogiques.

Bref, un projet symbolique qui ne peut que me mettre du baume au cœur.

16h45 :  Je quitte l’Hotel de l’Avenue avec mes cliques et mes claques, non sans une pointe de fierté, de satisfaction mais surtout de conviction… La conviction qu’on a beau être différents, on peut coexister ensemble tout en gardant notre propre identité. La preuve : Bettina reste juive, Sami reste musulman, Eloi reste catholique et Bénédicte reste athée, pourtant ils ne se sont pas entre-tués… En tout cas, pas devant moi.

Suivez leur périple sur Facebook et Twitter

P.S : Un grand merci à Arva du blog « Chups raconte » pour la mise en relation 😉

8 Commentaires

  1. Merci pour l’article. Tiens, en passant, quand j’étais au lycée mais aussi à l’université, le fait de dire aux autres que j’étais un athée suscitait un malaise et une incompréhension. Pour les autres, athée sous-entend directement satan, démon,… et l’eternel question qui revenait « Quand tu seras mort donc tu iras où? » et ma réponse: « sous-terre »

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